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Lucy / Autralopithecus afarensis

Désignation : Lucy / Autralopithecus afarensis, moulage du squelette AL 288-1, conservé au Muséum d’Histoire naturelle d’Addis-Abeba, Ethiopie


Période : vers 3,2 millions d’années 
 

En 1974, une équipe franco-américaine découvre 52 fragments osseux sur le site d’Hadar dans la dépression de l’Afar en Ethiopie. Conservé à 40%, il s’agit, à l’époque, du plus vieux et du plus complet squelette d’hominidé ancien connu. Lucy appartient au Genre Australopithèque représenté en Afrique du Sud, de l’Est et au Tchad entre 4 et 2 millions d’années. Les fossiles d’Hadar et de la formation de Laetoli (Tanzanie) ont permis de décrire l’espèce Australopithecus afarensis en 1978. Lucy est de petite taille (1,06 m). Son squelette est adapté à la marche bipède mais possède également des caractères autorisant des déplacements arboricoles, ce qui la place au cœur du débat sur la locomotion des australopithèques. Elle est dotée d’un faible volume cérébral (environ 400 cm3), de petites canines et d’une face puissante sans menton.  De récentes découvertes permettraient d'attribuer aux australopithèques l’utilisation d’un outillage de pierre, jusque-là associé aux premiers représentants du Genre Homo. Les liens phylogéniques (ou relations de descendance) entre les différents Homininés des Genres Ardipithèque, Australopithèque, Paranthrope et Homo ne sont pas encore clairement définis à ce jour.

Squelette de Lucy
© Philippe Jugie
Lucy / Autralopithecus afarensis

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L’adolescent du Lac Turkana : Nariokotome Boy

Période : Vers 1,8 million d’années

En août 1984, un petit fragment de crâne humain est exhumé près de la rivière Nariokotome au Kenya. Après cinq ans de fouilles et de nombreuses découvertes, on a pu reconstituer l’un des squelettes humains les plus complets pour ces périodes très anciennes. Représentant du Genre Homo, ce fossile est rapporté à l’espèce Homo ergaster représentée en Afrique de l’Est aux environs de 2 millions d’années. Cette espèce a coexisté avec l’Homo erectus, la première espèce d’Hominine à avoir quitté le berceau africain.   Le squelette post-crânien est très proche du nôtre et atteste la pratique d’une bipédie permanente. Sa capacité crânienne est faible, environ 880 cm3. Son crâne présente un front incliné vers l'arrière, un bourrelet sus orbitaire marqué, une face prognathe et l’absence de menton sur la mandibule. Il façonne déjà des outils de pierre et consomme de la viande. Son bassin indique qu’il est de sexe masculin. Le stade de développement des dents et des articulations situe son âge entre 8 et 10 ans. Bien que juvénile, il mesure près d’un mètre soixante, laissant imaginer un adulte de belle stature, bien que de nombreuses questions subsistent à propos du rythme de croissance des très anciennes populations fossiles. S’appuyant sur les méthodes de la police criminelle, la dermoplastie est fidèle du point de vue morphologique mais fait toutefois des choix interprétatifs pouvant être discutés (attitude, vêtements, chevelure, etc). Une adaptation à son environnement permet toutefois de supposer qu’il ait été glabre, à la peau foncée (riche en mélanine). Représentant du Genre Homo, ce fossile est rapporté à l’espèce Homo ergaster représentée en Afrique de l’Est aux environs de 2 millions d’années. Cette espèce a coexisté avec l’Homo erectus, la première espèce d’Hominine à avoir quitté le berceau africain.

L’adolescent du Lac Turkana : Nariokotome Boy

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Homme de Dmanissi / Homo georgicus

Période : vers 1,8 million d’années

Le site de Dmanissi se trouve en Géorgie du Sud. En 1991, une mandibule humaine est mise au jour dans des dépôts fossilifères anciens. Mandibule holotype D2600 Depuis, 62 restes ont été découverts dont 5 crânes, 4 mandibules, de nombreux restes infra-crâniens et des dents isolées dans des cendres volcaniques datées de 1,8 million d’années. Les restes humains sont associés à une faune très diversifiée faisant coexister des espèces africaines (hyènes, girafes) et eurasiatiques (cervidés, ursidés, canidés, félidés). La très grande variabilité morphologique de ce groupe humain a remis en cause l’origine de la première vague de peuplement eurasiatique jusque-là attribuée à Homo ergaster. En effet, les fossiles présentent des dimensions intermédiaires entre Homo habilis et Homo ergaster, quelques caractères présents chez Homo erectus et des spécificités révélées à partir de la mandibule D2600 découverte en 2000 qui a conduit à la définition d’une nouvelle espèce : Homo georgicus. Sa présence évoque une diffusion très ancienne de l’Afrique vers l’Eurasie, entre 2 et 1,8 Ma, vraisemblablement par le couloir levantin.

Crâne de Dmanissi
© Crâne de Dmanissi 2 ®Philippe Jugie
Homme de Dmanissi / Homo georgicus

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Homme de La Ferrassie 1 / Néandertal

Moustérien, environ -45 000 ans.

Le gisement de La Ferrassie (Savignac-de-Miremont, Dordogne) est un site préhistorique majeur en Europe pour l’étude de l’Histoire de l’Humanité du point de vue culturel et anthropologique. La séquence du Paléolithique moyen, a notamment livré les restes d’au moins sept individus néandertaliens (deux adultes, 4 enfants et un fœtus) intentionnellement inhumés. La Ferrassie est ainsi le deuxième site au monde (après celui de Shanidar, Kurdistan irakien) quant au nombre d’individus néandertaliens représentés. Le squelette de La Ferrassie 1, découvert en 1909, est supposé masculin. Il fait partie de la vingtaine de squelettes néandertaliens subcomplets connus (sur environ 300 individus recensés). Un éventuel dépôt funéraire est notamment déduit de la position et de l’état de conservation exceptionnel du squelette. Cet adulte mature présente de nombreuses pathologies : des lésions traumatiques cicatrisées, des malformations (arthroses, scoliose) et une infection pulmonaire qui pourrait être à l’origine de son décès. La lignée de Néandertal a évolué en Eurasie durant plus de 400 000 ans avant de disparaître il y a environ 30 000 ans. Son territoire s’étendait du Sud de l’Espagne au Kurdistan, et du Nord de l’Europe à la Palestine. Premier Homme fossile identifié dans la deuxième moitié du XIXème siècle, Néandertal a pâtit durant des décennies d’une image peu flatteuse. Le réexamen des collections, les nouvelles découvertes et les moyens d’investigation actuels dessinent un autre contour de ces populations éteintes et de leurs relations à d’autres formes contemporaines dont l’Homme moderne.

Homme de La Ferrassie 1 / Néandertal

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Homo Sapiens /Homme de Cro-Magnon1

Période : Gravettien ancien / -32 000 ans

L’abri dit de « Cro-Magnon » est découvert en 1868 aux Eyzies-de-Tayac, à l’occasion de travaux d’aménagement routiers. Des fouilles révèlent la présence de 120 ossements humains épars dans le fond de l’abri : crânes, fragments crâniens, bassins, os longs. Ils représentent 4 adultes (2 hommes, 1 femme, 1 indéterminé), et au moins 3 nouveau-nés et 1 nourrisson plus âgé. Leur notoriété tient notamment au fait qu’il s’agit alors des premiers Homo sapiens découverts en contexte archéologique c’est-à-dire dans une couche sédimentaire riche d’outils et de restes d’animaux indiscutablement paléolithiques. Cela permet à l’époque de confirmer la haute antiquité de notre espèce. Les ossements de Cro-Magnon 1 dit « le vieillard » (crâne le plus complet) montrent de nombreuses pathologies comme la dépression visible sur son front. Elles semblent être dues à une maladie généralisée dont la nature est encore très débattue. Des coquillages percés mêlés aux ossements ont pu être datés par datation carbone 14 d’environ -32 000 ans, ce qui correspond à la période du Gravettien ancien. Les Cro-Magnon ont longtemps représenté les Homo sapiens du Paléolithique supérieur européen. Aujourd’hui, les données de la paléoanthropologie et de la paléogénétique indiquent que nous n'en sommes pas les descendants directs mais qu'il y a eu plusieurs changements démographiques au cours du temps.

Homme de Cro-Magnon chassant
© Philippe Jugie
Homo Sapiens /Homme de Cro-Magnon1