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© Photo d’archives de la collection Lalanne du Musée d’Aquitaine

Plus d’un siècle après les fouilles du Dr. Lalanne, que dire de la Vénus à la Corne et du site de Laussel et ses collections ?

Le 27 septembre 2025

18h30

Type(s) de public Tous publics

Les figures féminines sculptées de Laussel sont à ce jour l’un des témoignages les plus connus de ce site préhistorique de Dordogne fouillé au début du XXème siècle. À l’instar de figures iconiques comme la Dame à la capuche de Brassempouy ou la Vénus de Lespugue, la Vénus à la Corne et les autres sculptures de Laussel sont mondialement célèbres. Ces figures ont très souvent été commentées mais les circonstances de leur découverte et leur contexte archéologique restent mal connus et bien souvent ignorées. Pour ces figures, la communauté des préhistoriens incline à une attribution générique au Paléolithique supérieur et plus précisément au Gravettien (parfois même encore plus précisément au « Gravettien à burin de Noailles »), sans que cela ne soulève de débat malgré la faible qualité des données contextuelles disponibles.

Pour qui s’intéresse davantage au site et à son histoire qu’aux figurations féminines, un point interpelle : l’extrême rareté de travaux récents portant sur son contexte, ou même sur les autres vestiges culturels issus du site. En effet, les derniers travaux détaillés sur le contexte archéologique du site remontent à plus de 25 ans et n’ont guère permis de résoudre certaines contradictions qui subsistent aujourd'hui. Le projet collectif de recherche « Laussel une affaire classée ? », qui vise à valoriser les collections de ce site mythique, a d’ores et déjà permis plusieurs avancées montrant tout l’intérêt scientifique de cette fouille très ancienne. Qu’il s’agisse du contexte des œuvres sculptées ou des collections elles-mêmes, le site de Laussel, loin d’être un objet muséographique poussiéreux et obsolète, est au contraire très emblématique de nombreux gisements de Dordogne exploités hélas très (trop) tôt. Nous proposons un panorama actualisé des nouvelles connaissances acquises à Laussel à partir de l’étude des collections et des archives. En insistant sur plusieurs résultats concernant notamment l’histoire des collections et des fouilles et en nous attachant à la fois au contexte même de la Vénus de Laussel tout autant qu’aux riches collections « gravettiennes » qu’a livrées le site, nous montrerons que le site de Laussel est encore loin d’avoir révélé tout son potentiel.

Laurent Klaric, préhistorien, chargé de recherche CNRS à l’UMR TEMPS (Université de Paris-Nanterre) depuis 2005, vient cette année de rejoindre l’UMR PACEA (Université de Bordeaux). Spécialiste de la technologie de la pierre taillée, il s’intéresse principalement à la caractérisation des systèmes techniques et des niveaux de savoir-faire des productions lithiques du Paléolithique supérieur ancien et principalement du Gravettien en Europe. Ses travaux sur la diversité du Gravettien européen l’ont amené à travailler dans différents pays (France, Belgique, Portugal, Russie, République Tchèque, Slovaquie). Il s’intéresse également à la question des contextes des figurations féminines du Gravettien, en particulier celles issues des sites fouillés très anciennement.

Conférence organisée en partenariat avec la Société des Amis du Musée et de la Recherche Archéologique (SAMRA)

Présenté par

Par Laurent Klaric, préhistorien, chargé de recherche CNRS à l’UMR TEMPS (Université de Paris-Nanterre) depuis 2005, et UMR PACEA (Université de Bordeaux) depuis 2025

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