Trois chevaux et un oiseau gravés sur un os d'oiseau d'Arancou

L'objet du mois de décembre


Trois chevaux et un oiseau (grue en vol ?) gravés sur un os d'oiseau d'Arancou

 

Grotte de Bourouilla (Arancou, Pyrénées Atlantique)
Magdalénien supérieur, vers 14 000 ans
Os d'oiseau
Les Eyzies, Musée national de Préhistoire (MNP1993-8-1-16)
Dimensions : l.78 mm x diamètre 5,5 à 6,5 mm x Ep. 2 mm.

 

Bourrouilla est une petite grotte située à la limite entre les grandes plaines aquitaines et la montagne pyrénéenne. Le gisement a été découvert en 1986, suite à une fouille clandestine. Il a été fouillé par C. Chauchat puis M. Dachary. Les occupations à l’intérieur de la cavité sont magdaléniennes et ont livré de la parure et de l’art mobilier en quantité importante.


Cet os gravé est un os d'oiseau. Les gravures occupent toute la surface de l'os, « en déroulé ». Deux têtes de chevaux opposées, inversées à 180°, l'une assez réaliste l’autre plus sommaire. En arrière d’une des deux têtes, un motif quadrangulaire pourrait correspondre à une troisième tête recoupée par la fracture de l'os. En tournant l'os de 180°, se trouve la gravure fine d'un oiseau dont le corps et le cou s'allongent dans le sens du support. Le plumage est évoqué. Les pattes ne sont pas indiquées. Parmi les oiseaux à long cou, bec plutôt court, et corps allongé, la grue est une possible candidate. L'oiseau serait figuré en position de vol.
D’après l’étude de C. Fritz et A. Roussot, l'ordre d'exécution des éléments graphiques sur l'os d'oiseau peut être établi pour trois animaux sur quatre : le museau indéterminé de l'extrême gauche est antérieur à la tête du cheval située au-devant. Il est certain que l'oiseau a été gravé après ce même cheval. La position chronologique du dernier cheval n’est pas établie


Les tracés présentent dans leur ensemble des bords irréguliers. De nombreux accidents sont lisibles : broutages, accrochages sur les bords, dérapages. Le graveur peut être qualifié de « moyennement expérimenté », il n'a pas su surmonter les difficultés techniques liées à la circonférence de l'os et donc la nécessité de maîtriser les inclinaisons sur ce type de support. De plus, la physionomie générale du dessin, tantôt schématique, tantôt confuse, vient soutenir ce jugement. Le graveur a utilisé la totalité de la surface osseuse. Bien que l'oiseau semble l'élément original, il n'est placé que dans un second temps. L'emplacement de l'animal était-il réservé ? Aucun vestige de trait ne permet de répondre à cette question.

Catherine Cretin, conservatrice du patrimoine, d'après Fritz Carole, Roussot Alain. L'art mobilier . In: Gallia préhistoire, tome 41, 1999. pp. 54-97

 

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