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L'objet du mois de juin

Baguette gravée du Peyrat

Baguette du Peyrat

Gisement du Peyrat, Saint-Rabier Dordogne.
Magdalénien final, vers -12 000 ans
Os
L. 4 cm x l. 1 cm x Ep. 0,5 cm
Dépôt du Musée d’Archéologie nationale Domaine de Saint-Germain-en-Laye
MAN 83 047

Le gisement du Peyrat, à Saint-Rabier (Dordogne), a été fouillé par André Cheynier entre 1958 et 1967. Il y a mis au jour une stratigraphie allant du Magdalénien moyen (- 16 000 ans) à l’Epipaléolithique (- 12 000 ans). La baguette, associée à des outils magdaléniens et aziliens, est exceptionnelle par sa qualité d’exécution et l’une de ses figurations, l’antilope saïga.

Réalisée dans l’épaisseur d’un os long, elle présente une face plane et une face bombée et ses deux extrémités portent des cassures en flexion. Le support a été très soigneusement préparé. Sur la face plane, on distingue le corps d’un cheval à la crinière bien détaillée. Il précède un autre cheval probable, limité à une croupe. Tous deux sont dotés d’une bande dorsale hachurée. Sur l’autre face, bombée, deux animaux sont figurés : un animal indéterminé, dont la hanche en saillie évoque les bovidés, précède un animal au museau bombé et doté d’une corne rectiligne : une antilope saïga.

C’est cette antilope, unique représentante de sa famille en Europe, qui retient le plus l’attention. Cet animal subsiste encore de nos jours dans les steppes arides et semi-arides du Kazakhstan et de Mongolie, en troupeaux de 10 à 40 têtes. Son aire de répartition actuelle se réduit considérablement en raison du braconnage et d’une crise épizootique : elle est maintenant en danger d’extinction, en particulier en Mongolie. En dehors des cornes annelées et rectilignes du mâle et de ses pattes graciles, sa caractéristique principale est l’aspect massif de sa tête, accentué par un museau formant une courte trompe qui sert à réchauffer et à filtrer l’air. Au cours des deux derniers maximums glaciaires, deux migrations importantes l’ont amenée jusqu’en Europe de l’Ouest, il y a environ - 150 000 ans et entre – 25 000 et - 15 000 ans. Les représentations de saïga au Paléolithique supérieur sont rares mais attestées, tant en art pariétal (Combarelles II, Rouffignac) qu’en art mobilier (La Vache, Enlène, Gourdan, Bize, La Souquette, Laugerie-Basse, etc.).

Catherine CRETIN, conservatrice du Patrimoine

 

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