Lascaux affiche

Exposition virtuelle

Lascaux hors les murs
fonds Parvau, cliché P. Jugie/MNP

La grotte de Lascaux a été découverte il y a 80 ans, le 12 septembre 1940. L’image des animaux peints ainsi que l’histoire de la découverte de la cavité sont connues de tous. Quant aux questions de conservation, elles ont maintes fois défrayé la chronique… en revanche, l’histoire archéologique de la grotte est méconnue et douloureuse.

Au moment de sa découverte, plusieurs centaines de vestiges archéologiques gisaient au pied des parois ornées. Un grand nombre fut récolté lors des premières explorations, pendant les travaux d’aménagement à la visite touristique (1946-1948) puis au cours de l’installation du système de régénération de l’air (1957-1958). Seul l'espace particulier du Puits a été fouillé en 1949 par Henri Breuil et Séverin Blanc puis en 1960-1961 par André Glory.

Hormis la collection Glory bien identifiée et conservée à l’Institut de Paléontologie Humaine dès 1967, les vestiges archéologiques de Lascaux ont été dispersés en de multiples collections réunies par différents intervenants, régisseur, inventeur, guide, conservateur des Monuments Historiques, directeur de circonscription préhistorique... Une partie de la collection Glory, que l’on croyait définitivement perdue, a été redécouverte dans des circonstances improbables en 1998. D’autres petites séries émergent de temps en temps.

 

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Les vidéos qui suivent présentent quelques premiers résultats obtenus dans le cadre du PCR LAsCO, financé par la DRAC Nouvelle Aquitaine (SRA et CRMH) et dirigé par M. Langlais et S. Ducasse (CNRS, laboratoire PACEA). Globalement, ce projet vise à réévaluer le contenu matériel des sols de la célèbre grotte ornée afin d'en proposer une nouvelle contextualisation archéologique.

La première vidéo documente le fait que, parmi les objets découverts dans la grotte de Lascaux, des remontages réalisés sur des silex témoignent de la production et de l'utilisation d'outils sur place. C'est notamment le cas pour un éclat impliqué dans le travail du minéral et possiblement dans la gravure des parois.

La seconde vidéo raconte comment la présence d'ossements de renne consommés indique des activités de boucherie menés dans la cavité. Par ailleurs, la datation au carbone 14 de plusieurs ossements met en évidence une homogénéité chronologique de l'ensemble et suggère l'attribution de Lascaux à des groupes de chasseurs ayant occupé le sud-ouest de la France, il y a 21000 ans.


Ces deux vidéos soulignent ainsi le fait qu'à part la réalisation des peintures et gravures des parois, d'autres activités ont été menées dans la cavité par des chasseurs préhistoriques, relativisant ainsi la notion stricte de sanctuaire.

 


Origine des collections

portrait

Portrait de Baptiste Parvau (à gauche), en compagnie de Léon Laval, Marcel Ravidat et Jacques Marsal (fonds Parvau, cliché P. Jugie/MNP)

Baptiste Parvau (1895-1986) est régisseur de terres agricoles sur différents domaines, notamment chez les propriétaires de la colline où Lascaux a été découverte, le comte et la comtesse de La Rochefoucauld. Installé à Montignac, c’est lui qui est chargé de prendre les premières mesures de sécurité pour l’accès à la grotte, avec l’aide des inventeurs M. Ravidat, J. Marsal et G. Agniel, de 1940 à 1942. Après la guerre, il devient gérant de la Société civile de la grotte préhistorique de Lascaux, destinée à l’exploitation touristique de la caverne (de 1948 à 1963, date de fermeture). Le 3 janvier 1972, la Société civile de Lascaux cède son bien. Il aura accumulé un ensemble d’objets essentiellement constitué de pierres (lampes, godets ?), dont un premier lot remis en 1975 au Musée national de Préhistoire. En 2019, un nouvel ensemble de 240 pièces est donné par ses petits-enfants, héritiers de son fils Louis.

Portrait

Séverin Blanc à La Ferrassie le 7 septembre 1951 (fonds MNP, cliché P. Jugie/MNP).

Séverin Blanc (1893-1970) a été instituteur aux Eyzies dès 1925, comme autrefois D. Peyrony. Blessé et cité en 1914-1918, il devient résistant, avec son épouse, puis, arrêté avec son fils Michel, il est torturé et déporté à Buchenwald en janvier 1944 où il participe au comité de résistance du camp. Il sera conseiller général de la Dordogne de 1945 à 1951. En 1948, il remplace D. Peyrony, dont il fut l’adjoint, comme directeur de la 7e circonscription des Antiquités préhistoriques. Avec l’abbé Henri Breuil et M. Bourgon il fouille du 2 au 7 septembre 1949 le fond du Puits de Lascaux à la recherche d’une sépulture. Les 73 objets recueillis sont entrés dans les collections du musée national de Préhistoire en 1993, par l’intermédiaire de son fils, M. C. Blanc.

portrait

André Glory (fonds MNP, cliché P. Jugie, MNP).

André Glory (1906-1966) s’initie à la Préhistoire et à la spéléologie pendant sa prêtrise en Alsace (1933-1939). Il séjourne aux Eyzies au moment où se répand la nouvelle de la découverte de Lascaux. Il en est l’un des premiers visiteurs, le 24 septembre 1940, en compagnie de J. Marsal, D. Peyrony, M. Thaon, J. Maury et l’abbé Jean Estay, curé des Eyzies. La même année, il rencontre H. Breuil, à Toulouse. Il soutient une thèse sur le Néolithique en 1942. En 1952, il devient ingénieur au CNRS. Après maints atermoiements, Henri Breuil le charge des études à Lascaux, de 1952 à 1963 (calques des gravures, sauvetage des objets mis au jour par les funestes travaux de 1957-1958, fouille du Puits en 1960-1961). On lui doit beaucoup : il a sauvé ce qui pouvait l’être et ses travaux ont fourni les premières observations permettant de mettre en perspective étude des décors et documentation archéologique relative à l’occupation de la cavité. Un accident fatal interrompit ses projets de publication en juillet 1966, qui furent publiés en 1979 sous le titre « Lascaux inconnu » puis, in extenso, en 2008. La plus grande partie de sa collection se trouve conservée depuis 1967 à l’Institut de Paléontologie Humaine, laboratoire auquel il était rattaché. Elle est composée de plus de 300 pièces en silex, analysés et publiés par J. Allain en 1979, ainsi que quelques colorants. Un certain nombre de pièces, réputées perdues en 1979, ont été retrouvées en 1998 dans la ville du Bugue, ainsi que son manuscrit. L’ensemble est entré au Musée national de Préhistoire en 2004 et publié en 2008. Enfin, la fameuse lampe-brûloir, trouvée par A. Glory au cours de ses fouilles du Puits en 1960, est un dépôt du Musée d’Archéologie nationale au Musée national de Préhistoire.

portrait

Max Sarradet dans la salle des Taureaux, entouré de J. Vouvé, C. Bassier (à gauche) et J. Marsal (à droite) pendant les travaux de la Commission d’études scientifiques pour la sauvegarde de Lascaux (cliché P. Vidal, CRMH).

Max Sarradet (1915-2006)

Administrateur civil au ministère des Affaires culturelles, conservateur des Monuments Historiques d’Aquitaine jusqu’en 1980, Max Sarradet est aussi conservateur de la grotte de Lascaux de 1955 à 1981. Après la fermeture de la grotte au public, il assure le secrétariat général de la Commission d’études scientifiques pour la sauvegarde de Lascaux (1963-1976). Il a su, très vite, se dégager des avis rassurants des premiers experts soucieux du bien-être des visiteurs pour prendre conscience des risques encourus par les peintures préhistoriques, à cause de l’exploitation touristique excessive de la grotte, et en a alerté André Malraux, dès 1960. Il a su convaincre le ministre de la fermer au public le 20 avril 1963, dès qu’il fut en possession du premier rapport de la commission scientifique mise en place en mars de la même année. La collection, léguée à la ville du Bugue, est en dépôt au musée national de Préhistoire depuis 2017. Elle se compose de pièces archéologiques et de nombreux éléments naturels récoltés au cours des différents travaux d’aménagements de la grotte soigneusement inventoriés (datés et localisés).

Pour voir une interview de Max Sarradet au sujet de Lascaux :https://www.pole-prehistoire.com/fr/decouvrir/les-ressources-en-ligne/les-temoins-de-la-prehistoire/90-portailles-temoins-de-la-prehistoire/les-temoins-de-la-prehistoire/393-max-sarradet

Pour d’autres portraits d’acteurs : https://archeologie.culture.fr/lascaux/fr/biographies-1

 

Références bibliographiques :

Leroi-Gourhan A., Allain J. (dir.), 1979, Lascaux Inconnu, Paris, éd. CNRS, XIIe supplément
à Gallia Préhistoire, 379 p.

Delluc B. et G., 2003, Lascaux retrouvé. Les recherches de l’abbé André Glory, Périgueux, éd. Pilote 24 édition, 364 p.

Genty D., Konik S., Valladas H., Blamart D., Hellstrom J., Touma M., Moreau C., Dumoulin J., Nouet J., Dauphin Y., Weil R., 2011. Dating the Lascaux Cave Gour Formation. Radiocarbon, 53(3), pp. 479-500. Glory A., Delluc B. et G., 2008, Les recherches à Lascaux (1952-1963), documents recueillis et présentés par B. et G. Delluc, Paris, éd. CNRS, 39e suppl. à Gallia Préhistoire.

Sarradet M., Pobeguin T., 1990, La conservation du support de calcite des peintures préhistoriques de la grotte de Lascaux, Documents d’Archéologie Périgourdine, 5, pp. 5-26.

 Sites internet :

https://archeologie.culture.fr/lascaux

 

 

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