Exposition temporaire 2021 : HOMO FABER
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Homo Faber

Exposition temporaire du 10 juillet au 29 novembre 2021

 

Homo Faber : 2 millions d’années d’histoire de la pierre taillée, de l’Afrique aux portes de l’Europe

L’exposition HOMO FABER, « celui qui fabrique », traite des prémisses qui, des premiers pas aux premiers gestes, caractérisent l’histoire de notre lignée. L’exposition est une occasion unique de présenter pour la première fois hors de leurs territoires d’origine des pièces originales exceptionnelles d’Afrique et de Géorgie, témoignages tangibles de la fabrication des « premiers outils de pierre » et de leurs auteurs, les hominines.

Ces derniers émergent en Afrique à partir de 6 ou 7 millions d’années (Ma). Le continent africain fonctionne alors comme une mosaïque d’environnements où évolue une grande diversité d’espèces animales, la plupart disparue de nos jours. Les premiers outils en pierre apparaissent vers 3,3 Ma au Kenya, puis les sites se multiplient à partir de 2,6 Ma en Afrique de l’Est et du Sud... sans que leurs auteurs, australopithèques, paranthropes ou représentants du genre Homo, soient du reste clairement identifiés.

Pendant près de 2 millions d’années, la technologie mise en œuvre pour la fabrication des outils de pierre se diversifie en Afrique autour de l’aménagement ou du débitage de formes simples, galets taillés et éclats tranchants. Le façonnage de la pierre se manifeste plus tardivement, vers 1,7 millions d’années avec les premiers objets bifaciaux.

Les vestiges matériels de cette période sont le plus souvent des restes de taille de la pierre dont l’étude nous renseigne sur les aptitudes des hominines à sélectionner progressivement les matières, les formes, les dimensions des roches propices au débitage ou au façonnage. Des premières tentatives jusqu’aux formes bifaciales les plus abouties de l’Acheuléen, les objets présentés dans cette exposition s’attachent à montrer comment le contournement de certains obstacles techniques par les premiers tailleurs a pu conduire à des innovations technologiques majeures : sélection et transport de certaines matières premières lithiques, appréhension des volumes, variété des percussions (lancées ou sur enclume), utilisation de percuteurs durs à plus tendre (bois).

La première preuve de sortie du berceau africain, aujourd’hui avérée vers 1,8 - 1,7 millions d’années, est le fait d’un Homme parfaitement bipède, Homo ergaster, pourvu d’un équipement technique qualifié d’oldowayen. Aux portes de l’Europe, le site géorgien de Dmanissi réunit spectaculairement vestiges anthropologiques et outils.

L’Homme va ensuite peupler la totalité de l’Eurasie, de l’Espagne à l’archipel Indonésien. Curieusement, ce ne sont pas les individus porteurs des systèmes techniques les plus perfectionnés qui occupent progressivement cet immense espace. Commence alors une autre histoire, vers de nouveaux territoires, de nouveaux environnements sous des climats différents…

Cette exposition constitue une présentation des tout premiers temps de la Préhistoire. Elle vient donc repositionner utilement le parcours des galeries permanentes du Musée national de Préhistoire : elle est le prologue d’un cheminement qui, entre 1,5 millions d’années et - 10 000 ans, verra en Europe le développement des Néandertaliens, des Hommes modernes et de leurs expressions symboliques.

Commissariat :
Jean-Jacques Cleyet-Merle, Conservateur général honoraire

Commissariat scientifique :
Jean-Philippe Brugal, Directeur de recherche au CNRS-INEE, UMR 7269 Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique (LAMPEA) CNRS, Aix-Marseille Université, ministère de la Culture, Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence
Ana Mgdelaze, Chargée de recherche au Muséum national de Géorgie, Professeur Free University of Tbilisi (Georgie)
Pierre-Jean Texier, Directeur de recherche émérite du CNRS, UMR 7269 Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique (LAMPEA) CNRS, Aix-Marseille Université, ministère de la Culture, Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence

Directrice :
Nathalie Fourment, directrice du Musée national de Préhistoire, Conservatrice en chef du Patrimoine, docteur en préhistoire

Logos de l'exposition temporaire

Crédits : Kokiselei 4, Kenya (1,76 Ma) : biface partiel ré​façonnage rudimentaire au percuteur dur, d'un grand galet plat de phonolite. ©Pierre-Jean Texier | ©Mimaginephotography/Dreastime