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Conférence

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Conférence

Samedi 1er juillet à 17h
Musée national de Préhistoire
1 rue du musée
24620 Les Eyzies
Patrick Paillet, Maître de conférence, Museum national d'Histoire Naturelle
Tous publics
Entrée libre, réservation recommandée au 05 53 06 45 49.
L’oeuvre préhistorique du marquis Paul de Vibraye par Patrick Paillet. Cette conférence sera suivie d’une séance de dédicace de son ouvrage L’art des objets de la Préhistoire.

Au milieu du XIXème siècle, nous devons la naissance de la science préhistorique à quelques personnages savants. Le marquis Paul de Vibraye (1809 - 1878) est de ceux-là, même s'il n'est pas le pionnier le plus connu, à l'inverse de Boucher de Perthes, Lartet ou de Mortillet. Il joue néanmoins un rôle, certes discret à l'ombre de son illustre contemporain Edouard Lartet, mais décisif en faveur de l'Homme fossile. C'est un homme de progrès qui milite à l'Académie des Sciences ou à la Société géologique de France pour faire reconnaître très tôt, dès 1858, l'ancienneté de l'Homme sur terre et sa contemporanéité avec les espèces animales disparues comme le Mammouth. Il acquiert ses idées et ses convictions sur le terrain, lors de ses fouilles dans la grotte des Fées à Arcy-sur-Cure (Yonne). L'association des produits de l'industrie humaine, d'animaux disparus (Mammouth, Ours des cavernes) ou émigrés (rennes) depuis longtemps, et enfin des restes humaines, aperçue d'abord à la grotte des Fées, puis lors des différentes fouilles qu'il fait pratiquer dans le Centre de la France, en Charente et en Dordogne, notamment à Laugerie-Basse, finit par dissiper ses doutes et le tire de ses cogitations religieuses.

Les séries préhistoriques les plus importantes de sa collection proviennent de l'abri classique de Laugerie-Basse aux Eyzies, dont il fut certainement le 1er fouilleur officiel, avant même Lartet et Christy. Certains objets d'art majeurs comme la "vénus impudique" sont présentés pour la première fois au public lors de l'Exposition universelle de 1867 à Paris. Dans un contexte d'âpres débats autour du statut de l'Homme fossile, une telle exposition inédite avait pour objectif de convaincre le public et les savants de la haute antiquité de l'Homme en présentant des objets techniques (industries lithiques et osseuses), de la faune disparue et des objets d'art ornés d'animaux gravés ou sculptés (mammouths, aurochs, bisons, rennes, chevaux, etc.), preuves de la contemporanéité de l'Homme avec les grands mammifères disparus ou émigrés.